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Fridou - Page 2

Bild von Dieter J Baumgart
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les hommes sur son dos n'étaient pas venu. Pourtant une certaine inquiétude règne parmi les animaux, comme avant un orage. Parfois on entend les cris d'avertissement des singes de la forêt vierge, des oiseaux s’envolent et tournoient en vastes cercles et disparaissent derrière les arbres. Quelque gros animal se fraie, à la hâte, un chemin sous le sous-bois. Du tronc d'un arbre géant de la forêt vierge se détache un grand serpent qui disparaît sans bruit dans l'eau. Ce ne sont pas les voix habituelles de la nuit. Ce sont des bruits qui incitent à la prudence et les crocodiles nagent en cercle, seuls les yeux et le museau au-dessus de l'eau. La lune n'est pas encore levée, mais une faible lueur, derrière les cimes noires des arbres qui menacent de rétrécir maintenant le ciel, annonce son voyage au-dessus du firmament. Alors voilà que le dernier bruit s'arrête aussi dans la baie et qu’un calme peu commun se déploie.
Alors à cette époque Fridou aimait ce combat constant avec les forces de la nature et en particulier quand il s'agissait de faire usage adéquat de toutes ses capacités héréditaires et acquises. L’habileté la force et la persévérance étaient des prédispositions importantes pour la survie en ce temps là. Quand les flots ascendants et tumultueux se frayaient leur chemin emportant tout ce qui s'était accumulé pendant la période de sécheresse écoulée de faible et de vulnérable. Les bancs de sable, oui, des îles complètes disparaissaient et puis alors se reformaient à d'autres endroits dans le fleuve. Un cycle éternel, comme dans d'autres pays, l'été et l'hiver, la chaleur intense et le froid. Mais de tout cela Fridou ne savait absolument rien. Son monde était la rivière avec ses rives plantées de roseaux et les murs vert de l'antique forêt vierge. Jusqu'à cette fameuse nuit au cours de laquelle ce monde devait changer d'une façon inattendue.
Une fois de plus la sécheresse est arrivée, la rivière est étroite et dans la nouvelle baie qui était née il y avait encore assez d'eau pour les crocodiles ; c'est ainsi que c’est là qu’ils se réunissent la plupart pour se laver le dos de la boue qui les protégeait durant la journée des rayons brûlants du soleil. La veille, ils avaient entendu de curieux frappements, mais le gros poisson de bois avec les hommes sur son dos n'était pas venu. Pourtant une certaine inquiétude règne parmi les animaux, comme avant un orage. Parfois on entend les cris d'avertissement des singes de la forêt vierge, des oiseaux s’envolent et tournoient en vastes cercles et disparaissent derrière les arbres. Quelque gros animal se fraie à la hâte un chemin sous le sous-bois. Du tronc d'un arbre géant de la forêt vierge se détache un grand serpent qui disparaît sans bruit dans l'eau. Ce ne sont pas les voix habituelles de la nuit. Ce sont des bruits qui incitent à la prudence et les crocodiles nagent en cercle, seuls les yeux et le museau au-dessus de l'eau. La lune n'est pas encore levée mais une faible lueur, derrière les cimes noires des arbres qui menacent de rétrécir maintenant le ciel, annonce son voyage au-dessus du firmament. Alors voilà que le dernier bruit s'arrête aussi dans la baie et qu’un calme peu commun se déploie.

Alors ! Soudain une lumière aveuglante transperce la noirceur de la nuit. Fridou est aveuglé. Effrayé et fasciné à la fois, il regarde des yeux fixes cette lumière. Il ne sait pas que ses yeux reflètent cet éclat. Deux points rouges, cible de la mort qui rôde dans la nuit obscure. Et cette folle lumière se rapproche sans cesse. Fridou est incapable de se mouvoir. Puis un vrombissement, un sifflement –quelque chose traverse l'air, transperce le rayon de lumière crue et se dirige directement sur Fridou, l’arrache hélas trop tard de son ébahissement. A coups d’une violence sauvage, il fouette l’eau de la baie, quelques instants plus tôt calme. Quelque chose atteint son dos, une douleur aiguë puis une secousse. Capturé, furieux de peur et de rage, le corps puissant se cabre. Partir, surtout partir. Mais l'objet sur le dos le retient. De nouveau, une douleur cuisante, comme un coup de courant, elle traverse tout son corps, des dents jusqu'à la queue et le paralyse des secondes durant. Puis un choc, il est de nouveau libre. Un sentiment intérieur lui fait prendre la direction du fleuve. Surtout sortir de la baie, loin de cette lumière criminelle. La douleur du dos devient plus sourde. E puisé Fridou se hisse sur un banc de sable. La rivière calme représente son salut. Un mois auparavant le courant l’aurait entraîné. Quelque part coincé entre les rochers et les troncs d'arbres, une mort douloureuse l’aurait attendu.

C’est ici, deux jours et deux nuits, que Fridou passe, moitié sur le banc de sable, moitié dans l'eau. La blessure de son dos suppure par la chaleur. Une douleur lancinante, au rythme de son cœur, lui rappelle le poisson de bois. Le soleil de midi brûlant, pas de vent, pas d'ombre ; péniblement, Fridou se traîne le troisième jour à remonter le fleuve pour se rendre à la baie vers les autres crocodiles. Son regard glisse le long des rives, cherche des points de repère pour retrouver son domaine bien connu, les formes habituelles de son entourage quotidien. Il ne sait pas quelle distance il a parcouru, fuyant la lumière criminelle de cette nuit en descendant la rivière. Une progression pénible le long des bords à la dense végétation, car nager lui paraît trop difficile. La queue d'habitude son moteur dans l'eau, il ne la sent plus, elle traîne sur le sol.

Mais voilà que quelque chose brille au travers des roseaux, un motif connu. Fridou s’en approche en rampant plus rapidement, concentre toute sa force restante et se fraie un chemin au travers des branches sèches et des troncs d'arbres éparpillés, longeant quelques géants de la forêt qui bravent depuis des siècles les flots et les tempêtes. Ce motif, il le connaît bien, il l’attire de façon magique. Plus près, toujours plus près. Alors il arrive à l'emplacement. Des roseaux piétinés dans un cercle de cinq à six mètres et en plein milieu un crocodile. Un crocodile ? C’est sa mère ; indiscutablement, c'est le dessin du dos. Mais comment se fait-il qu’elle soit là ? Recroquevillée, à moitié sur le dos. Ce ne peut plus être là un crocodile vivant de la région ! Avec prudence, Fridou entoure le corps puissant : une plaie béante derrière la tête, la peau sur ventre et sous la queue a été enlevée. Sinon plus rien. Un simple crocodile mort, comme par hasard la mère de Fridou.

Pourquoi ? Question qui martèle Fridou, « Pourquoi - Pourquoi ? Et cette question elle traverse sa tête au rythme de son cœur qui se met à ralentir. -des petits morceaux de crocodiles- le poisson de bois- les hommes- la pensée en fragments- Vécu et entendu se mêle inconsciemment. Les concepts se troublent.. Les cimes des arbres se penchent vers lui, l'obscurité. Puis le retour du soleil. Les bruits apaisants de la rivière, les poissons bondissent, le long des troncs d’arbres de petits courants murmurent doucement. Ce sont les bruits familiers d’un monde auquel Fridou n’appartient plus tout à fait.
Un oiseau de grande taille et aux longues pattes avance péniblement sur les roseaux piétinés, jette ses yeux sur les deux crocodiles, se détourne, déploie ses ailes et prend son vol s’éloignant. Fridou les a toujours admirés, ces êtres – planer, avec grande douceur, entre l’eau et l’air, sans aucune différence. Un tout nouveau sentiment s’empare de lui. Adieu la douleur, le dos. Fridou vole - comme ce grand oiseau. Vers un autre pays. Un pays où les hommes portent sur eux des crocodiles en petits morceaux.
Mais non, ce vol serait cauchemar … Fridou s’envole pour toujours vers le pays des origines où hommes et crocodiles vivent en harmonie et s’apprécient dans leur nature différente. Oui la Colombe de la Paix enseigne en ce lieu que seul l’amour entre tous les êtres quels qu’ils soient est la loi bafouée par les hommes insensés alors qu’elle est inscrite dès l’origine du monde et aura le dernier mot.

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Kommentare

08. Jul 2020

Am Anfang war das Wort...
Merci
Olaf

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