Fridou

von Dieter J Baumgart
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Lorsque Fridou vint au monde, peut-être mesurait-il bien 22 cm… Ce n'était pas beaucoup en comparaison de son père qui avait atteint la longueur respectable de 4 mètres. Et la mère de Fridou mesurait même un demi mètre de plus. Elle était par ailleurs la plus belle de toute la rivière. Le merveilleux dessin gravé sur son dos avait fait l’objet de toutes les conversations jusqu’aux affluents et il éveillait parmi tous ceux qui ne l'avaient jamais vue envie et admiration. Et c'est ainsi que Fridou avait à vrai dire toutes les dispositions pour devenir, un jour, un grand et beau crocodile.
Mais ce n'était que des idées auxquelles il n’aurait pas consacré une seule pensée. Le présent, ce monde plein de mystères et de surprises, le fascinait et le réjouissait toujours davantage. Ainsi passèrent les jours à vive allure et Fridou fit honneur à son nom. Comme quand le soleil brillait et qu’il était allongé calmement sur son petit banc de sable préféré et se réjouissait de tout ce qui l’entourait. Quand son estomac grognait, il remuait de son museau long le dessous des roseaux en bordure du blanc de sable pour trouver vers et scarabées en quantité. Il avait, comme l'on dit, vécu une belle enfance. Par ailleurs, on ne dois pas oublier que son esprit pacifique paraissait de temps en temps aux yeux de ses parents quand même un petit peu exagéré.. Cette impression se renforça lorsqu'ils furent témoin du fait que Fridou avait fini par manger un scarabée qu'il avait presque aimé après l'avoir observé assez longtemps. Il n'était pas rare qu’il ait quelques larmes de crocodile et murmurait une discrète excuse avant de refermer avec claquement son museau. Mais naturellement, il fallait qu'il vive de quelque chose et la verdure n'était pas du tout ce qu'il aimait.
Aux jours succédèrent les semaines et les moi. Il grandit et apprit à résister aux forces de la nature, que ce soit en saison sèche ou humide, bien qu il se sentît bien abandonné parfois, comme petit crocodile, dans les masses d’eaux tourbillonnantes et cherchât anxieusement prise aux racines des arbres géants de la forêt vierge. Mais à cinq ans, il pouvait à coup sûr afficher avec fierté sa taille de 80 cm parmi ses congénères, mais aussi se manifester comme un des plus forts et des plus vifs. Il connaissait les lieux de la rivière où il y avait les poissons les plus gras et le plus beau banc de sable lui appartenait Mais Fridou savait qu'il y avait des êtres vivants qui étaient plus puissants que lui. Il était sur ses gardes. Parfois ces êtres s’annonçaient par des frappements constants que l'on percevait davantage dans l'eau que sur terre et c'était toujours les crocodiles dans l'eau qui avertissaient les autres sur les bancs de sable. Alors il s'agissait d'ouvrir les yeux. Parfois, après quelque temps, un grand poisson en bois remontait la rivière et de son ventre retentissait ce frappement inquiétant. Sur le dos de ce poisson bizarre se trouvaient des hommes. Et au plus tard au moment où ils apercevaient les hommes, tous les crocodiles se mettaient en plongée. Parfois, lors des nuits d'été silencieuses les hommes venaient cependant sans leur poisson, tout doucement du bord et c'est là qu'ils étaient les plus dangereux.

Fridou n’aimait pas les hommes cela venait sans doute de ce que au bord du fleuve on se racontait des histoires épouvantables à leur sujet. Apparemment les hommes ne devaient pas du tout avoir à chasser les crocodiles parce qu'ils avaient faim, mais simplement pour s'amuser à tuer. Un très vieux crocodile prétendit même que les hommes transportaient avec eux de tout petits morceaux de crocodile mort mais personne ne savait ça exactement et c'est ainsi que l'on ne pouvait y croire vraiment, car ça n’avait pas de sens. Comment Fridou pouvait-il s'imaginer qu'on pouvait simplement tuer des gens par plaisir ?

Ainsi grandit-il et apprit à s'adapter aux différentes saisons quand après des temps de sécheresse qui n'en finissaient pas, enfin revenaient les eaux dispensant la vie. La forêt vierge écumait et renvoyait les nuages gris dans le ciel où ils redevenaient pluie. Elle était passée la dolence des mois d'été très chauds et secs. Très rarement un rayon de soleil dans cette verdure totalement trempée, puis revenaient la pluie, la brume la rosée et avec la pluie revenait aussi pour les crocodiles le temps de se mettre en action, la magnifique vie riche en nourriture, la nage dans les flots du fleuve à vive allure lequel s’était transformé en un immense lac.

Entre-temps à cette époque Fridou aimait ce combat constant avec les forces de la nature et quand il s'agissait de faire usage adéquat de toutes ses capacités héréditaires et acquises. L’habileté la force et la persévérance étaient des prédispositions importantes pour la survie en ce temps là. Quand les flots ascendants et tumultueux se frayaient leur chemin emportant tout ce qui s'était accumulé, pendant la période de sécheresse écoulée, de faible et de vulnérable. Les bancs de sable, oui, des îles complètes disparaissaient et puis alors se reformaient à d'autres endroits du fleuve. Un cycle éternel, comme dans d'autres pays , l'été et l'hiver, la chaleur intense et le froid. Mais de tout cela Fridou ne savait absolument rien. Son monde était la rivière avec ses rives plantées de roseaux et les murs verts de l'antique forêt vierge. Jusqu'à cette fameuse nuit au cours de laquelle ce monde devait changer d'une façon inattendue…
Une fois de plus la sécheresse est arrivée, la rivière est étroite et dans la nouvelle baie qui était née il y avait encore assez d'eau pour les crocodiles ; c’est ainsi là qu’ils se réunissent la plupart pour se laver le dos de la boue qui les protégeait, durant la journée, des rayons brûlants du soleil. La veille, ils avaient entendu de curieux frappements, mais le gros poisson de bois avec

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